Cet article a une portée informative. Il présente le droit applicable à la date de vérification et ne constitue pas un conseil juridique individualisé. En cas de litige, consultez un professionnel du droit.
Le fonds de travaux copropriété constitue une réserve financière obligatoire pour les immeubles à destination d’habitation de plus de dix ans, conformément à l’article 14-2-1 de la loi du 10 juillet 1965. Pourtant, de nombreux copropriétaires ignorent que ces sommes, versées pour anticiper de lourds chantiers de sauvegarde, restent définitivement acquises au syndicat lors d’une revente. Cet article détaille les règles d’alimentation, les modalités de vote en assemblée générale et le régime juridique des sommes versées afin de vous aider à sécuriser cette épargne collective.
Pourquoi le fonds de travaux copropriété est obligatoire pour votre immeuble
Le fonds de travaux est une réserve financière obligatoire pour les copropriétés d’habitation de plus de dix ans. Cette épargne collective, calculée selon un taux minimal de 5% du budget prévisionnel, assure le financement des travaux de sauvegarde et d’entretien du bâti.
Définition et finalité de cette réserve financière collective
Le fonds de travaux constitue une réserve légale. Son caractère obligatoire permet d’anticiper les chantiers futurs sans appel de fonds brutal.
L’objectif réside dans une planification financière rigoureuse. Cette épargne évite des appels de fonds brutaux lors de gros travaux. Elle favorise ainsi une meilleure conservation globale du patrimoine bâti français.
Distinguez bien cette réserve des charges de fonctionnement courant. Le fonds ne finance ni l’électricité ni le nettoyage. Il cible les interventions structurelles. L’article 14-2-1 de la loi de 1965 encadre strictement cet usage.
Les immeubles soumis à l’obligation de constitution
Identifiez si votre copropriété est concernée par la loi. Le texte vise les immeubles à destination totale ou partielle d’habitation. Les résidences de services ou classiques sont donc soumises à cette obligation.
Précisez le seuil d’ancienneté requis pour votre bâtiment. L’obligation s’applique dix ans après la réception des travaux de construction. Avant ce délai, la constitution du fonds demeure facultative pour votre syndicat.
Notez toutefois une exception : les immeubles à destination exclusivement autre que l’habitation (bureaux, commerces) échappent à la règle, l’article 14-2-1 ne visant que les immeubles à destination totale ou partielle d’habitation. En revanche, l’ancienne dispense pour les copropriétés de moins de dix lots a été supprimée : depuis 2023, la taille de la copropriété n’exonère plus de l’obligation.
Distinction juridique entre fonds de travaux et avances de trésorerie
Clarifiez la différence avec le fonds de roulement habituel. Cette avance de trésorerie est remboursable lors d’une vente immobilière. Le fonds de travaux, lui, obéit à un régime juridique radicalement opposé.
Comprenez le caractère définitif de vos versements. Les sommes entrent définitivement dans le patrimoine du syndicat et restent attachées au lot : elles ne donnent pas lieu à remboursement par le syndicat lors de la cession (article 14-2-1, III). Le vendeur peut seulement convenir d’une compensation avec l’acquéreur.
Rappelez l’impossibilité d’utiliser ces sommes pour combler des dettes courantes. Le syndic ne peut piocher dedans pour régler le gaz. La gestion comptable doit rester parfaitement étanche entre ces deux compartiments financiers.
5 règles pour calculer le montant de votre cotisation annuelle
Après avoir compris la nature de cette réserve, vous devez maintenant maîtriser les règles de calcul qui déterminent votre effort financier annuel.
Le rôle déterminant du Plan pluriannuel de travaux (PPT)
Le PPT adopté influence directement votre taux de cotisation. Ce document dicte le montant minimal requis pour la réserve. Il constitue un levier de pilotage indispensable pour votre conseil syndical.
La loi impose un double plancher. Votre cotisation annuelle doit atteindre 2,5% des travaux prévus. Elle ne peut être inférieure à 5% du budget prévisionnel annuel global.
L’élaboration du PPT devient obligatoire selon la taille de l’immeuble. Les copropriétés de plus de 200 lots ont ouvert la marche. Le diagnostic technique global sert souvent de base à cette réflexion stratégique.
Calcul de la cotisation en l’absence de plan pluriannuel
En l’absence de PPT, le minimum légal est fixé à 5 % du budget prévisionnel (article 14-2-1 de la loi de 1965). L’assemblée générale reste tenue de voter chaque année le montant de la cotisation : ce taux de 5 % est un plancher qu’elle ne peut pas descendre, non un montant qui s’appliquerait sans vote. Le syndic doit veiller à inscrire ce point à l’ordre du jour.
Le calcul porte sur le budget prévisionnel voté pour l’exercice à venir, et non sur un budget passé. Cette assiette assure une alimentation régulière de la réserve.
La répartition s’effectue selon les quotes-parts de charges communes générales. Chaque copropriétaire contribue à hauteur de ses tantièmes de copropriété. Vérifiez bien votre avis d’échéance trimestriel pour contrôler ce calcul précis.
Les conditions légales de suspension des appels de fonds
Si le fonds excède le montant du budget prévisionnel, la cotisation peut s’arrêter. Cette décision appartient souverainement à l’assemblée générale des copropriétaires. Elle nécessite un vote formel en séance.
Lorsque 50% du montant des travaux prévus est atteint, la suspension est envisageable. Cela évite une accumulation excessive de trésorerie dormante et inutile. La prudence reste toutefois de mise.
La suspension n’est jamais automatique. Vous devez inscrire ce point à l’ordre du jour. La majorité absolue est requise pour valider l’arrêt temporaire des appels de fonds spéciaux.
Comment contrôler la gestion du compte bancaire par le syndic ?
Le calcul des montants est une chose, mais la sécurité de votre argent dépend directement de la manière dont le syndic gère le compte bancaire.
Obligation d’ouverture d’un compte séparé et rémunéré
Le syndic doit impérativement ouvrir un compte bancaire séparé au nom du syndicat des copropriétaires. Ce compte est dédié exclusivement au fonds de travaux obligatoire. Il demeure strictement distinct du compte de gestion courante.
Les intérêts produits par ce placement appartiennent légalement à la copropriété. Ces gains financiers viennent abonder la réserve collective sans exception. Le syndic ne peut opérer aucune ponction sur ces produits financiers.
Le syndic ne peut facturer aucun frais pour l’ouverture de ce compte. La loi ALUR interdit formellement toute rémunération complémentaire pour cette mission. Exigez la gratuité totale de cette prestation administrative lors du contrat.
Droits de regard et contrôle par le conseil syndical
Le syndic est tenu de transmettre les relevés périodiques du compte au conseil syndical. Cette communication doit être spontanée dès réception des documents bancaires. La transparence constitue le socle du contrôle de votre épargne.
Vérifiez la réalité des versements en consultant les extraits de compte. Comparez systématiquement les appels de fonds émis avec les sommes réellement créditées. Assurez-vous que chaque copropriétaire s’acquitte bien de sa quote-part légale.
Examinez régulièrement la balance comptable pour déceler d’éventuelles anomalies. Le grand livre doit isoler clairement les mouvements propres au fonds de travaux. Posez des questions précises sur chaque flux lors de vos réunions de contrôle.
Modalités d’appel de fonds et exigibilité des sommes
La périodicité des appels suit généralement celle des charges courantes de l’immeuble. Ce rythme trimestriel permet une gestion budgétaire prévisible pour chaque foyer. L’exigibilité des sommes est calquée sur le budget prévisionnel classique.
L’avis d’échéance doit comporter des mentions obligatoires précises et lisibles. La part relative au fonds de travaux doit être clairement distinguée des charges. Cette clarté permet de vérifier le respect du taux voté.
Le syndic dispose de pouvoirs de recouvrement étendus en cas d’impayé. Il peut engager des poursuites judiciaires pour protéger les intérêts du syndicat. L’hypothèque légale garantit le paiement des cotisations dues par les copropriétaires défaillants.
En résumé Le fonds de travaux est une réserve financière obligatoire pour les copropriétés d’habitation de plus de dix ans. Il sert à anticiper le financement de chantiers majeurs ou urgents, hors entretien courant. Alimenté par une cotisation annuelle minimale de 5 % du budget prévisionnel, il est géré sur un compte séparé. Les sommes versées restent attachées au lot et ne sont pas remboursables par le syndicat lors d’une vente.
| Acteur | Mission principale |
|---|---|
| Syndic | Ouvre le compte dédié, appelle les cotisations et gère les fonds sous contrôle du conseil syndical. |
| Assemblée Générale | Vote le montant de la cotisation annuelle et décide de l’affectation des sommes à des travaux précis. |
| Copropriétaire | Contribue obligatoirement au fonds selon sa quote-part de charges, sans possibilité de récupération individuelle. |
Modalités de vote et majorités requises en assemblée générale
La gestion quotidienne par le syndic est encadrée, mais les décisions cruciales se prennent en assemblée générale selon des règles de majorité strictes.
L’ouverture du compte et la fixation du taux annuel
Le dépôt du fonds de travaux sur un compte séparé au nom du syndicat est une obligation, non un choix soumis au vote. Ce que l’assemblée vote, c’est le montant de la cotisation : le minimum légal s’applique de plein droit, et l’assemblée ne peut décider qu’un montant supérieur, à la majorité des voix de tous les copropriétaires (article 25).
Si ce vote d’un montant supérieur n’atteint pas la majorité de l’article 25 mais recueille au moins le tiers des voix, l’article 25-1 autorise un second vote immédiat à la majorité simple de l’article 24.
Sachez que votre liberté de vote rencontre des limites légales. L’assemblée ne peut voter un montant inférieur aux seuils réglementaires. Une telle délibération serait irrégulière. Le respect de la loi s’impose systématiquement aux décisions du syndicat.
Le vote de l’affectation des sommes à des travaux précis
Pour mobiliser les fonds épargnés, une procédure formelle est indispensable. Un vote spécifique doit valider l’utilisation des sommes. L’assemblée approuve alors le prélèvement pour un chantier déterminé.
La majorité nécessaire varie selon le projet envisagé. Elle est corrélée à la nature des travaux votés. Les améliorations exigent souvent un consensus plus large que les simples réparations d’entretien.
L’usage de cette réserve est strictement encadré par les textes. Vous ne pouvez pas financer des frais de personnel avec ce budget. Le procès-verbal doit mentionner le recours au fonds de travaux. C’est votre garantie juridique collective.
Incidence des parties communes spéciales sur les décisions
Les clés de répartition influencent directement le processus décisionnel. En présence de parties communes spéciales, le périmètre du vote se réduit. Seuls les copropriétaires concernés par ces charges participent au scrutin.
Le syndic doit impérativement isoler les cotisations par catégorie. Les fonds sont comptabilisés selon chaque clé de charges spécifique. Cela assure que vous financez uniquement les équipements liés à votre lot.
Une vigilance particulière est requise lors de l’imputation des dépenses. Le gestionnaire ne doit jamais confondre les différents budgets spéciaux. Le règlement de copropriété fixe ces limites. Une imputation erronée entre budgets peut fragiliser la répartition et ouvrir un risque de contestation.
Checklist d’action : par où commencer ?
- Vérifiez si votre immeuble a plus de dix ans et s’il est soumis à l’obligation légale.
- Consultez le dernier procès-verbal pour confirmer que le montant de la cotisation respecte le minimum de 5 % du budget.
- Exigez du syndic la copie des relevés du compte séparé pour contrôler la réalité des dépôts.
- Assurez-vous que les intérêts produits par le compte sont bien crédités au profit du syndicat.
Le point à retenir : Le fonds de travaux n’est pas une option mais une obligation légale pour anticiper la dégradation du bâti. En tant que copropriétaire impliqué, veillez à ce que ces sommes soient sanctuarisées sur un compte rémunéré et utilisées uniquement pour des travaux de conservation ou d’amélioration, conformément aux articles 18 et 25 de la loi du 10 juillet 1965.
FAQ
Puis-je récupérer mon capital lors de la vente de mon lot ? Non, les sommes sont définitivement acquises au syndicat. Vous pouvez néanmoins négocier une compensation financière avec votre acquéreur dans le compromis de vente.
Le syndic peut-il facturer des frais pour gérer ce compte ? Non, la gestion du compte bancaire du fonds de travaux est incluse dans le forfait de gestion courante du syndic.
Que faire si le fonds n’est pas constitué ? Vous devez mettre le syndic en demeure d’inscrire cette question à l’ordre du jour. À défaut, une action devant le tribunal judiciaire est envisageable pour faire respecter la loi.
Liste des dépenses éligibles au financement par le fonds
Une fois les majorités obtenues, encore faut-il s’assurer que les dépenses envisagées entrent bien dans le cadre légal du fonds de travaux.
Financement des diagnostics et études techniques préalables
Le DTG et le projet de PPT peuvent être financés par le fonds. Ces études sont indispensables avant de lancer de grands chantiers. Elles permettent d’évaluer l’état technique global.
Les frais de maîtrise d’œuvre ou d’architecte sont également couverts. Ces professionnels sécurisent la réalisation technique et financière des travaux futurs. Leur expertise est nécessaire pour le suivi.
L’assemblée doit voter ces dépenses à la même majorité que les travaux eux-mêmes. Anticipez ces coûts dans votre budget annuel pour éviter les surprises. L’anticipation est le maître-mot d’une gestion saine et efficace.
Réalisation des travaux de sauvegarde et d’économies d’énergie
Le fonds peut financer des urgences non inscrites au PPT initial. Cela permet de réagir vite face à une dégradation soudaine du bâti. La sauvegarde de l’immeuble est une priorité absolue.
L’isolation thermique ou le changement de chaudière collective sont éligibles. Ces investissements réduisent vos charges futures et valorisent votre patrimoine immobilier. La performance énergétique est au cœur des enjeux actuels.
Le syndic peut engager des dépenses immédiates en cas de péril. Il doit ensuite convoquer une assemblée pour ratifier ces décisions financières. L’article 18 encadre strictement ce pouvoir exceptionnel du gestionnaire.
Distinction entre entretien courant et grosses réparations
Le fonds ne doit jamais servir au nettoyage ou aux petites réparations. Ces frais relèvent exclusivement du budget prévisionnel de fonctionnement courant. La loi interdit formellement cette confusion comptable.
Le Code civil définit ces interventions sur le gros œuvre. Il s’agit des murs, des toitures ou des structures porteuses de l’immeuble. Ces éléments constituent l’ossature fondamentale de votre bâtiment.
Une utilisation abusive du fonds peut être sanctionnée par le juge. Veillez à ce que chaque facture soit correctement imputée par le syndic. La rigueur analytique protège le syndicat des copropriétaires contre d’éventuels recours.
Que deviennent vos versements lors de la revente du lot ?
Si le fonds est utile pour l’immeuble, son sort lors d’une transaction immobilière soulève souvent des questions tendues entre acheteur et vendeur.
Le principe d’attachement définitif au lot de copropriété
L’article 14-2-1 de la loi du 10 juillet 1965 encadre strictement cette réserve financière. Les sommes versées au fonds de travaux sont définitivement acquises au syndicat des copropriétaires. Elles restent attachées au lot, peu importe le changement de propriétaire.
Le syndic ne procède à aucun remboursement au vendeur lors de son départ. Cette règle comptable est impérative et ne souffre aucune exception légale. Le gestionnaire maintient simplement les fonds sur le compte séparé de la copropriété.
Le nouveau propriétaire bénéficie ainsi de l’épargne déjà constituée pour les chantiers futurs. C’est un argument de vente tangible lors des visites immobilières. L’état daté mentionne précisément le montant disponible pour le lot concerné afin d’informer l’acquéreur.
La possibilité d’un remboursement conventionnel entre parties
Le vendeur peut solliciter un remboursement direct auprès de l’acheteur via le prix de vente global. Cette entente est purement privée et contractuelle entre les deux parties. Elle permet de compenser l’effort d’épargne réalisé durant les années de détention.
Le notaire joue ici un rôle déterminant. Il doit rédiger une clause spécifique et claire dans le compromis de vente. Sans cet écrit, aucune réclamation ultérieure ne sera juridiquement possible pour le vendeur à l’encontre de l’acquéreur.
Cet arrangement ne lie en aucun cas le syndicat des copropriétaires. Pour la collectivité, le montant demeure sur le compte bancaire dédié. Le syndic ignore totalement les accords financiers conclus devant notaire. La liberté contractuelle régit exclusivement cette compensation financière entre particuliers.
Traitement des intérêts et des appels de fonds en cours
Les intérêts produits par le compte rémunéré restent acquis à la copropriété jusqu’à la signature. Le vendeur ne peut prétendre à aucune quote-part sur ces gains financiers. Ces produits financiers augmentent globalement la réserve disponible du syndicat.
La répartition des cotisations s’effectue selon le principe d’exigibilité. Le propriétaire au moment de l’appel de fonds doit payer la somme due. Les dates de trimestres constituent les seuls repères valables pour la comptabilité du syndic.
L’état daté récapitule les dettes et les avoirs liés au lot cédé. Vérifiez bien ces chiffres avant de signer l’acte authentique chez votre notaire. La transparence financière évite les litiges post-vente entre les anciens et les nouveaux voisins de l’immeuble.
3 recours juridiques en cas de carence de votre syndic
Malgré les obligations claires, certains syndics négligent la constitution du fonds, ouvrant ainsi la voie à des recours juridiques nécessaires.
Mise en demeure et inscription forcée à l’ordre du jour
Envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception au syndic. Rappelez-lui ses obligations légales concernant la constitution du fonds obligatoire. Base légale : article 18 de la loi du 10 juillet 1965.
Si le syndic reste inactif, vous pouvez saisir le juge. L’objectif est de forcer l’inscription du vote à la prochaine assemblée générale. Base légale : décret du 17 mars 1967.
Le syndic professionnel doit agir rapidement après réception de votre courrier officiel. Une absence de réponse peut justifier une procédure en référé. Le conseil syndical doit être le premier moteur de cette action. Base légale : article 21 de la loi du 10 juillet 1965.
Action en nullité des décisions d’assemblée irrégulières
Un vote refusant la constitution du fonds est illégal par nature. Vous pouvez contester cette décision devant le tribunal judiciaire compétent. Base légale : article 42 de la loi du 10 juillet 1965.
Vous devez agir vite après la réception du procès-verbal de l’assemblée. Passé ce délai, la décision devient définitive et inattaquable juridiquement. Base légale : article 42 de la loi du 10 juillet 1965.
Seuls les copropriétaires n’ayant pas voté pour peuvent engager cette action. Conservez bien la preuve de votre vote lors de la séance. L’article 42 de la loi de 1965 encadre ce droit fondamental de contestation.
Responsabilité civile du syndic et défaut de conseil
Le syndic engage sa responsabilité civile s’il ne respecte pas la loi. Son défaut de conseil peut coûter cher à la copropriété. Base légale : article 18 de la loi du 10 juillet 1965.
L’absence de fonds peut retarder des travaux urgents et aggraver les dégradations. Le coût final pour les copropriétaires sera alors bien plus élevé. Base légale : Code de la construction et de l’habitation.
Une mauvaise gestion du fonds est un motif sérieux pour changer de syndic. Le conseil syndical doit alerter les autres copropriétaires sur ces manquements. La mise en concurrence est alors votre meilleure arme. Base légale : article 21 de la loi de 1965.
Checklist d’action pour sécuriser votre épargne collective
Pour conclure ce guide pratique, voici les étapes concrètes à suivre pour assurer un contrôle total sur votre fonds de travaux.
Points de vigilance lors de l’examen des comptes annuels
Exigez le relevé de compte bancaire spécifique et la balance comptable. Ces pièces prouvent la réalité physique des sommes épargnées par tous. Vérifiez la concordance entre les appels de fonds et les dépôts effectués.
Recalculez vous-même les 5% du budget prévisionnel annuel. Assurez-vous que le syndic n’a pas minimisé l’appel de fonds par erreur. La précision du calcul garantit la pérennité des futurs chantiers de rénovation.
Les intérêts produits doivent apparaître clairement sur le compte de la copropriété. Ne laissez aucun centime de côté lors de votre audit annuel. Le contrôle des comptes est une mission capitale pour votre patrimoine.
Le point à retenir avant chaque assemblée générale
Un fonds bien alimenté préserve la valeur de vos appartements. C’est un gage de sérénité pour les futurs chantiers. L’anticipation financière reste le meilleur levier pour éviter les appels de fonds brutaux.
Chaque année, l’assemblée doit impérativement voter le montant de la cotisation. Ne négligez pas ce point lors de la préparation de l’ordre du jour : l’inscription du montant de la cotisation à l’ordre du jour de l’assemblée annuelle est prévue par la loi.
| Critère | Règle Légale | Point de Vigilance |
|---|---|---|
| Taux minimal | 5% du budget | Vérifier le PPT |
| Compte | Séparé | Au nom du syndicat |
| Propriété | Syndicat | Sommes acquises |
| Usage | Gros travaux | Pas d’entretien |
| Vente | Non remboursable | Attaché au lot |
| Vote | Montant supérieur : art. 25 ; affectation aux travaux : majorité applicable à ces travaux | Selon la décision |
Vérifiez toujours la conformité des résolutions proposées. Le conseil syndical doit valider les textes avant l’envoi des convocations officielles pour prévenir tout risque de contestation ultérieure.
Restez attentif à chaque mouvement bancaire sur le compte du fonds : c’est la meilleure garantie que l’épargne servira bien aux travaux, et à eux seuls.
Cette épargne collective prévient les appels de fonds imprévus au moment d’un gros chantier. En pratique, vérifiez chaque année que le taux voté respecte le minimum légal et que les sommes figurent bien sur un compte séparé au nom du syndicat.
FAQ
La constitution du fonds de travaux est-elle une obligation pour toutes les copropriétés ?
La constitution de cette réserve financière est impérative pour tout immeuble à destination totale ou partielle d’habitation. Cette obligation, posée par l’article 14-2-1 de la loi du 10 juillet 1965, s’applique au terme d’une période de dix ans à compter de la réception des travaux de construction de l’immeuble. Les copropriétés exclusivement tertiaires, telles que les immeubles de bureaux ou de commerces, ne sont pas soumises à ce dispositif légal.
Est-il possible de récupérer les cotisations versées lors de la vente de mon lot ?
En vertu de l’article 14-2-1 de la loi du 10 juillet 1965, les sommes versées au titre du fonds de travaux sont définitivement acquises au syndicat des copropriétaires. Elles sont attachées au lot et ne font l’objet d’aucun remboursement par le syndic lors d’une mutation. Toutefois, le vendeur peut négocier une compensation financière avec l’acquéreur au sein de l’acte de vente, à condition que les fonds n’aient pas encore été affectés à un chantier précis.
Qu’est-ce qu’un Plan Pluriannuel de Travaux (PPT) et quel est son impact ?
Le PPT est un document d’analyse qui planifie les interventions nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble sur une période de dix ans. Son adoption par l’assemblée générale modifie le calcul de la cotisation annuelle : celle-ci doit alors correspondre au minimum à 2,5 % du montant des travaux prévus, sans pouvoir être inférieure à 5 % du budget prévisionnel (Base légale : article 14-2-1 de la loi de 1965).
En quoi consiste le Diagnostic Technique Global (DTG) ?
Le DTG constitue un état des lieux complet de la situation technique et patrimoniale de l’immeuble. Il permet d’évaluer l’état des parties communes et des équipements afin d’orienter la stratégie d’entretien. L’élaboration du projet de plan pluriannuel de travaux, qui découle souvent de ce diagnostic, peut être financée par les sommes accumulées sur le fonds de travaux de la copropriété.
Quelles sont les règles de majorité pour voter les décisions liées au fonds ?
L’ouverture du compte bancaire séparé et la fixation du montant de la cotisation annuelle requièrent un vote à la majorité absolue des voix de tous les copropriétaires, conformément à l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965. En cas de score insuffisant mais atteignant au moins le tiers des voix, un second vote peut intervenir immédiatement à la majorité simple de l’article 24.
Quels sont les recours si le syndic ne respecte pas l’obligation de créer ce fonds ?
Si le syndic omet de mettre en œuvre cette réserve légale, la première étape utile est de lui adresser une mise en demeure par lettre recommandée. À défaut de régularisation, tout copropriétaire peut saisir le tribunal judiciaire pour solliciter l’inscription forcée de cette question à l’ordre du jour. Une décision d’assemblée générale qui fixerait un taux inférieur aux minimums légaux est également susceptible d’une action en nullité (Base légale : article 42 de la loi de 1965).
Le syndic peut-il conserver les intérêts produits par le compte du fonds ?
Absolument pas. Les intérêts produits par le compte bancaire séparé et rémunéré sont définitivement acquis au syndicat des copropriétaires. Ils viennent abonder la réserve de travaux sans que le gestionnaire ne puisse prélever de commission. De plus, la loi ALUR interdit au syndic de facturer des honoraires complémentaires pour l’ouverture ou la gestion de ce compte spécifique.
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — art. 10
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — art. 14-2-1
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — art. 18
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — art. 19-2
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — art. 21
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — art. 24
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — art. 25
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — art. 25-1
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — art. 42