Cet article a une portée informative. Il présente le droit applicable à la date de vérification et ne constitue pas un conseil juridique individualisé. En cas de litige, consultez un professionnel du droit.
L’article 18 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 confère au syndic un pouvoir d’initiative exceptionnel pour ordonner l’exécution de travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble sans autorisation préalable. Cette prérogative juridique, dérogeant au principe de souveraineté de l’assemblée générale, permet de répondre sans délai à un péril imminent menaçant la structure du bâti ou la sécurité des occupants. Pourtant, une mauvaise qualification de l’urgence peut entraîner la responsabilité civile du mandataire et le rejet de la dépense par les copropriétaires. Nous allons préciser les critères légaux de ces interventions, les obligations de mise en concurrence et la procédure de ratification indispensable pour sécuriser le financement de vos travaux urgents copropriété.
Définition légale de l’urgence et critères de sauvegarde de l’immeuble
L’article 18 de la loi de 1965 autorise le syndic à engager des travaux sans vote préalable en cas d’urgence absolue pour la sauvegarde de l’immeuble. Cette procédure d’exception impose une information immédiate des copropriétaires et une ratification rapide.
Cette prérogative dérogatoire repose sur la nécessité de protéger l’intégrité du bâti. Le syndic doit agir dès que le retard d’une décision met en péril la structure ou la sécurité.
Qualification juridique de l’urgence selon l’article 18 de la loi de 1965
L’intervention impérieuse exige des critères cumulatifs précis. Le défaut de travaux doit menacer la structure du bâti ou la sécurité des occupants à court terme. Sans cette menace immédiate, la procédure de l’article 18 ne peut être légalement invoquée par le gestionnaire.
L’article 18 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fonde ce pouvoir d’initiative. Le syndic agit ici sans l’autorisation préalable de l’assemblée générale. Cette autonomie est strictement limitée aux actes conservatoires indispensables à la sauvegarde de l’immeuble.
La notion de péril imminent est ici centrale. Elle justifie l’aspect temporel qui permet de contourner le processus habituel de convocation. L’urgence doit rendre impossible le respect des délais légaux de l’assemblée générale sans aggraver le sinistre.
Distinction entre entretien courant et travaux de sauvegarde impérieuse
La maintenance classique se distingue nettement de la réparation urgente. L’entretien ne permet pas de déroger aux règles de vote habituelles. À l’inverse, la sauvegarde impérieuse autorise une action immédiate pour stopper un désordre grave.
| Situation | Risque constaté | Type de travaux | Urgence légale |
|---|---|---|---|
| Fuite de toiture majeure | Dégât des eaux structurel | Sauvegarde | Oui |
| Panne d’ascenseur (seul) | Rupture de service | Réparation | Oui |
| Fissure structurelle | Effondrement partiel | Consolidation | Oui |
| Peinture cage d’escalier | Esthétique | Entretien | Non |
Le syndic rencontre des limites strictes dans son appréciation. Il ne peut pas transformer une simple vétusté en urgence pour éviter le contrôle des copropriétaires. Un détournement de pouvoir exposerait le syndicat à des contestations judiciaires sur le financement engagé.
Exemples jurisprudentiels sur la notion de péril pour la copropriété
Plusieurs cas concrets sont validés, comme le remplacement d’une chaudière en plein hiver ou la rupture d’une canalisation principale. La Cour de cassation confirme régulièrement que ces situations imposent une réaction immédiate pour maintenir l’habitabilité.
Les juges du fond disposent d’une appréciation souveraine pour qualifier l’urgence. Le magistrat vérifie si le délai d’une convocation d’assemblée générale était compatible avec la sécurité. L’analyse porte sur la réalité du danger au moment de la décision du syndic.
Les travaux purement esthétiques ou de confort ne relèvent en principe pas de l’urgence de sauvegarde. Engagés sans vote, ils risquent, selon l’appréciation du juge, de rester à la charge du syndic.
Pouvoirs d’initiative du syndic et limites de l’intervention sans vote préalable
Une fois l’urgence qualifiée, le syndic dispose d’un arsenal juridique spécifique pour protéger l’immeuble, bien que ses pouvoirs restent strictement balisés pour éviter tout arbitraire financier.
Cadre d’action autonome du syndic pour la mise en sécurité du bâti
Le syndic exerce un droit d’auto-saisine pour les mesures conservatoires. Il n’est pas tenu de solliciter l’aval préalable du conseil syndical pour commander les premières interventions nécessaires. Cette autonomie garantit une réactivité immédiate face au péril.
En sa qualité de gardien de la conservation de l’immeuble, il doit agir avec diligence. Sa mission consiste à prévenir toute aggravation des dommages matériels affectant les parties communes. Il préserve ainsi l’intégrité de la structure et la sécurité des occupants.
Pour formaliser ces interventions, le syndic engage directement le syndicat des copropriétaires. Il signe les devis d’intervention immédiate auprès des entreprises prestataires. Cette signature lie juridiquement la copropriété aux obligations contractuelles et financières afférentes.
Procédure de mise en concurrence en situation de crise
La dispense de devis multiples s’applique lors d’un danger imminent. Le formalisme classique de la mise en concurrence est alors suspendu par la force des événements. Le temps nécessaire à la consultation de plusieurs entreprises ferait défaut à la sauvegarde du bâti.
Le syndic conserve toutefois une obligation de diligence dans le choix du prestataire. Malgré l’urgence, il doit retenir une entreprise qualifiée. Le tarif pratiqué doit rester cohérent avec les prix du marché local pour éviter tout grief de gestion.
La transparence demeure la règle après l’intervention. Le syndic doit être en mesure de justifier son choix si le conseil syndical l’interroge. Il doit expliquer les critères de sélection du prestataire retenu par rapport aux spécificités du sinistre constaté.
Interdiction d’engager des travaux d’amélioration sous couvert d’urgence
Toute intervention dépassant la stricte remise en état présente un risque de requalification juridique. Si les travaux ne sont pas purement conservatoires, les copropriétaires peuvent contester la dépense. Une telle initiative sans vote expose le syndic à des recours contentieux.
L’urgence se limite aux réparations nécessaires pour stopper un sinistre. Elle ne constitue en aucun cas un levier pour moderniser les équipements sans l’accord de l’assemblée. Seul le maintien de l’existant est autorisé sans passer par un vote majoritaire préalable.
Un engagement de fonds manifestement injustifié peut être contesté. Le tribunal peut, selon les circonstances, mettre la dépense à la charge du syndic. La sauvegarde de l’immeuble ne dispense pas du respect des règles de majorité au-delà de la première provision.
Obligations d’information des copropriétaires et affichage des interventions
Si le syndic peut décider seul de l’intervention, il ne peut agir dans l’ombre et doit respecter un protocole d’information rigoureux envers l’ensemble des résidents.
Modalités de communication immédiate aux occupants et aux bailleurs
L’affichage dans les parties communes constitue le vecteur privilégié pour alerter les résidents d’un péril imminent. Cette méthode assure une visibilité directe sur les mesures de sauvegarde engagées par le cabinet.
Le syndic doit informer les copropriétaires par tout moyen dès que les mesures d’urgence sont décidées par ses soins. L’usage du courriel ou l’affichage immédiat garantit la réactivité nécessaire à la situation.
Cette transparence procédurale permet d’endiguer les rumeurs au sein de la copropriété. Elle rassure les occupants sur la prise en charge effective et diligente du désordre technique constaté dans l’immeuble.
Contenu des avis obligatoires concernant la nature et le coût estimé
L’avis diffusé doit obligatoirement spécifier la nature précise de la panne ou du sinistre. Il mentionne également l’identité de l’entreprise mandatée ainsi qu’une estimation globale du coût prévisionnel des travaux.
Les copropriétaires disposent d’un droit d’accès aux pièces justificatives relatives à l’urgence. Vous pouvez consulter les devis techniques reçus par le syndic directement à son cabinet sur simple demande de votre part.
Annoncer le montant estimé dès l’engagement des fonds limite les contestations ultérieures. Cette clarté facilite l’acceptation de l’appel de fonds exceptionnel qui sera émis pour couvrir les dépenses engagées en urgence.
Transparence sur les liens éventuels entre le syndic et l’entreprise
Le syndic est tenu de déclarer tout lien d’intérêt direct ou indirect avec l’entreprise sélectionnée. Cette obligation de probité est strictement encadrée par son code de déontologie professionnel en vigueur.
Le défaut de transparence expose le mandataire à des sanctions disciplinaires sérieuses. Ces procédures sont portées devant la commission de contrôle des activités de transaction et de gestion immobilières compétente en la matière.
Un défaut de transparence sur d’éventuels liens d’intérêts fragilise la position du syndic et peut être sanctionné lors de la reddition des comptes, selon les circonstances.
Rôle consultatif du conseil syndical dans le processus de décision
Bien que le syndic soit le seul décideur légal en cas d’urgence, le conseil syndical joue un rôle de garde-fou indispensable pour valider la pertinence des choix techniques et financiers.
Avis préalable obligatoire pour l’appel de provisions exceptionnelles
Le syndic doit solliciter l’avis du conseil syndical, s’il en existe un, avant de réclamer des fonds pour financer des mesures de sauvegarde. Cette obligation de consultation est prévue par l’article 37 du décret du 17 mars 1967 (et non l’article 18).
Cet avis n’est pas contraignant pour le gestionnaire. Mais il doit être formalisé par un écrit. Ce document constitue une preuve en cas de litige ultérieur portant sur le bien-fondé de la provision.
L’absence de cette consultation préalable fragilise la procédure. Elle expose le syndicat à des difficultés de recouvrement. Les copropriétaires pourraient contester l’exigibilité immédiate des charges exceptionnelles devant les juridictions compétentes.
Mission de surveillance de la réalité de l’urgence et des devis
Les conseillers syndicaux doivent examiner minutieusement les devis soumis. Ils s’assurent que les tarifs ne sont pas artificiellement gonflés. Il arrive que certains prestataires profitent de la détresse de la copropriété.
Vérifiez scrupuleusement la date de survenance du sinistre. Prenez des clichés photographiques des dommages constatés. Exigez une note explicative écrite justifiant la solution technique préconisée par l’entreprise par rapport aux alternatives possibles.
Si un devis paraît manifestement surévalué, alertez immédiatement votre syndic. Le conseil syndical doit inciter à la recherche d’une solution plus économique. L’objectif est de préserver les finances du syndicat sans compromettre la sécurité.
Collaboration entre le conseil et le syndic pour le suivi de chantier
La présence d’un conseiller syndical lors des visites techniques sur site est fortement recommandée. Cela permet d’attester de la réalité de l’avancement des travaux. Le syndic bénéficie ainsi d’un témoin direct des interventions.
Les conseillers assument aussi un rôle de liaison pédagogique. En expliquant la nature des travaux aux autres résidents, vous favorisez un climat de compréhension. Cela limite les tensions liées aux nuisances sonores ou aux interruptions de services.
Le conseil participe activement à la préparation de la prochaine assemblée générale. Il aide à la rédaction du compte-rendu d’intervention. Ce document est essentiel pour obtenir la ratification des travaux réalisés sans vote préalable.
Modalités de financement par provisions et gestion du fonds de travaux
Agir vite demande des liquidités immédiates, ce qui soulève la question sensible du financement de ces travaux imprévus par la trésorerie de la copropriété.
Limite légale du tiers du devis pour les appels de fonds immédiats
Le syndic ne peut appeler immédiatement qu’une somme limitée à un tiers du montant estimatif des travaux de sauvegarde. Cette restriction protège l’équilibre financier des copropriétaires face à l’imprévu. Base légale : article 37 du décret du 17 mars 1967 (le pouvoir d’initiative du syndic découlant, lui, de l’article 18 de la loi).
Chaque copropriétaire reçoit un appel de fonds spécifique pour ces interventions. Le paiement est exigible dès la réception de la demande, sans attendre le délai habituel. Le syndic doit toutefois recueillir l’avis préalable du conseil syndical pour cette démarche.
Cette règle déroge au principe de l’exigibilité trimestrielle des charges courantes. Elle permet le règlement rapide des acomptes aux entreprises intervenant en urgence absolue. La célérité est ici la condition sine qua non de la préservation du bâti.
Conditions de mobilisation du fonds de travaux pour les interventions
Le syndic peut utiliser les sommes disponibles sur le fonds de travaux pour financer les mesures conservatoires les plus pressantes. Cette réserve financière facilite la mise en œuvre de solutions techniques immédiates. Base légale : article 18 de la loi du 10 juillet 1965.
L’utilisation de ces réserves doit être entérinée par un vote ultérieur en assemblée générale. Cela permet de régulariser l’affectation comptable définitive des fonds mobilisés. La convocation de cette assemblée doit intervenir immédiatement après le constat de l’urgence.
Il faut bien distinguer l’avance de trésorerie, qui est remboursable, de la provision définitive. La provision couvre la dépense réelle des travaux effectués. L’affectation du fonds de travaux évite parfois un appel de fonds supplémentaire trop brutal.
Impact financier sur les charges et répartition selon les tantièmes
La dépense est répartie entre tous les copropriétaires selon les tantièmes de charges communes générales. Le règlement de copropriété fixe ces quotes-parts de manière intangible. Base légale : article 10 de la loi du 10 juillet 1965.
Les copropriétaires en situation de fragilité financière peuvent demander des délais de grâce. Pourtant, l’obligation de contribuer à la sauvegarde demeure entière. La solidarité du syndicat des copropriétaires repose sur cette participation collective aux frais urgents.
Les factures d’urgence sont enregistrées dans les comptes de l’exercice en cours. Elles impactent directement le solde de fin d’année de chaque lot. La régularisation en assemblée générale valide le montant définitif imputé sur le budget.
Comment régulariser les interventions de sauvegarde en assemblée générale ?
L’action solitaire du syndic doit impérativement être validée a posteriori par le souverain de la copropriété : l’assemblée générale des copropriétaires.
Délais et formalisme pour la tenue de l’assemblée de ratification
Le syndic doit convoquer l’assemblée générale immédiatement après avoir engagé les premières dépenses : c’est une obligation prévue par l’article 37 du décret du 17 mars 1967, qui conditionne toute nouvelle demande de provision.
L’ordre du jour doit être spécifique. La convocation mentionne clairement la ratification des travaux urgents. Elle prévoit aussi le vote du budget définitif alloué à cette opération exceptionnelle de sauvegarde.
La validité de la convocation repose sur le formalisme habituel. Le délai de convocation de 21 jours doit être respecté (article 9 du décret du 17 mars 1967). Seul un cas d’urgence peut justifier un délai plus court.
Inscription à l’ordre du jour et documents justificatifs à notifier
La convocation inclut obligatoirement plusieurs pièces jointes. Vous y trouverez les devis signés et les factures reçues. Le rapport technique justifiant l’urgence de l’intervention doit également être joint au dossier.
La rédaction de la résolution exige une précision absolue. La question posée au vote identifie l’entreprise prestataire. Elle précise le montant exact en euros des travaux effectués pour la sauvegarde de l’immeuble.
Vous disposez d’un droit de consultation des justificatifs. Il est possible de demander des précisions complémentaires avant la séance. Cela garantit un vote en toute connaissance de cause sur la dépense engagée.
Risques juridiques liés à l’absence de convocation immédiate de l’AG
Un retard excessif dans la convocation permet de contester la dépense. Les copropriétaires peuvent alors remettre en cause la validité des appels de fonds. Cette situation fragilise la trésorerie du syndicat.
Le syndic engage sa responsabilité professionnelle en cas de tardiveté. S’il ne régularise pas la situation, il s’expose à des sanctions. Il risque même de devoir assumer seul le coût des travaux réalisés.
Une assemblée trop tardive perd de sa portée juridique. Les copropriétaires peuvent refuser la ratification des travaux urgents copropriété. Cela plonge alors l’immeuble dans un imbroglio juridique et comptable complexe.
Majorités de vote applicables et conséquences d’un refus de ratification
Le vote de ratification n’est pas une simple formalité ; il obéit à des règles de majorité précises qui conditionnent la validité financière de toute l’opération.
Application de la majorité simple de l’article 24 pour l’entretien
| Type de travaux | Base légale | Majorité requise |
|---|---|---|
| Entretien courant | Article 24 | Majorité simple |
| Économie d’énergie | Article 25 | Majorité absolue |
| Structure lourde | Article 26 (loi de 1965) | Double majorité (majorité des copropriétaires + 2/3 des voix) |
Pourquoi l’article 24 est-il privilégié ? Les interventions visant le maintien en état ou la sauvegarde de l’immeuble relèvent de la gestion courante. Cette base facilite l’adoption rapide par les copropriétaires présents.
Concernant le décompte des voix, la règle est stricte. Seuls les copropriétaires présents ou représentés lors de l’assemblée sont comptabilisés. Les abstentionnistes ne pèsent pas sur le résultat de la ratification finale.
Cas spécifiques nécessitant la majorité de l’article 25 ou 26
Intervenir sur les parties privatives change la donne. Si l’urgence impose des travaux à l’intérieur d’un lot, la majorité absolue de l’article 25 peut devenir nécessaire. Tout dépend de la nature exacte de l’ouvrage.
Les modifications structurelles restent exceptionnelles en urgence. Des travaux lourds touchant à la solidité globale du bâti pourraient relever de l’article 26 de la loi de 1965. Cette double majorité exige l’accord de la majorité des copropriétaires représentant au moins les deux tiers des voix.
Il existe pourtant des passerelles de vote utiles. Si la majorité absolue fait défaut mais que le projet obtient un tiers des voix, un second vote immédiat est possible. Cela évite de bloquer la situation administrative.
Portée d’un vote négatif sur la validité des contrats déjà signés
Le refus de ratification engage lourdement le syndic. Sans cette validation, il se retrouve seul face à l’entreprise prestataire. Le paiement des factures déjà engagées devient alors une difficulté juridique majeure pour lui.
Quel est le sort des provisions déjà versées ? Selon les cas, le juge peut estimer que l’urgence n’était pas caractérisée et remettre en cause l’appel de fonds. Le sort exact des sommes dépend alors de sa décision.
Des recours demeurent possibles pour le syndicat des copropriétaires. Il peut se retourner contre son mandataire pour faute de gestion. C’est le cas si des frais inconsidérés ont été engagés sans nécessité réelle de sauvegarde.
Réception des travaux et responsabilités en cas de mauvaise appréciation
La fin du chantier d’urgence marque le début d’une nouvelle phase : celle de la vérification technique et de l’activation des garanties légales pour protéger la copropriété.
Procédure de réception contradictoire et levée des réserves
Le syndic organise une visite de fin de chantier avec l’entreprise pour vérifier la conformité des réparations. Cette étape valide la bonne exécution technique des travaux commandés.
Le procès-verbal sans réserve déclenche les garanties biennale et décennale. L’immeuble bénéficie alors d’une protection juridique contre d’éventuels vices cachés ou défauts de construction futurs.
Si des malfaçons apparaissent, le syndic met en demeure l’entreprise de reprendre les travaux. Ces interventions correctives s’effectuent immédiatement aux frais exclusifs du prestataire défaillant.
Responsabilité civile du syndic pour abus de pouvoir ou carence
L’abus de pouvoir est constitué si le syndic invoque l’urgence pour des travaux non immédiats. Sa responsabilité est engagée s’il évince indûment le vote de l’assemblée générale.
À l’inverse, l’inaction face à un péril imminent constitue une faute de gestion caractérisée. Le syndic répond de sa carence dans son obligation légale de conservation de l’immeuble.
Le syndicat peut solliciter des dommages et intérêts en cas de préjudice direct prouvé. Cette réparation financière compense les pertes subies par les copropriétaires suite à cette faute.
Mise en œuvre des garanties d’assurance après une réparation
La déclaration à l’assurance dommage-ouvrage est indispensable pour les travaux structurels urgents. Cette formalité garantit le remboursement futur des fonds importants engagés par le syndicat des copropriétaires.
L’assurance multirisque de l’immeuble peut couvrir certaines mesures conservatoires selon les clauses contractuelles. Le sinistre doit impérativement correspondre aux risques définis dans la police d’assurance collective.
Le syndic constitue un dossier rigoureux incluant photos et factures détaillées. Cette diligence facilite l’indemnisation rapide des provisions versées en urgence pour la sauvegarde du patrimoine commun.
La sauvegarde de l’immeuble impose une réactivité stricte, encadrée par l’article 18 de la loi du 10 juillet 1965. En cas de travaux urgents en copropriété, le syndic doit impérativement informer le conseil syndical et régulariser la situation par un vote en assemblée générale. Cette procédure sécurise votre patrimoine et garantit la conformité juridique des appels de fonds exceptionnels.
FAQ
Dans quelle mesure le syndic peut-il engager des travaux urgents copropriété sans l’accord préalable des copropriétaires ?
Conformément à l’article 18 de la loi du 10 juillet 1965, le syndic a le pouvoir, et même l’obligation, de faire procéder de sa propre initiative à l’exécution des travaux urgents nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble. Dans cette situation de péril imminent, il n’est pas tenu d’obtenir un vote préalable en assemblée générale, mais il doit en informer immédiatement les copropriétaires et convoquer sans délai une assemblée générale de ratification.
Pour le financement, le syndic peut demander le versement d’une provision après avoir recueilli l’avis du conseil syndical. Cette provision est strictement encadrée par l’article 37 du décret du 17 mars 1967 : elle ne peut excéder le tiers du montant du devis estimatif des travaux engagés.
Quelles sont les conséquences juridiques si le syndic choisit une entreprise avec laquelle il entretient des liens ?
La transparence est une obligation déontologique et légale. Si une entreprise candidate à des travaux, même en urgence, possède un lien direct ou indirect avec le syndic, ce dernier est tenu de préciser la nature de ces liens aux copropriétaires. Cette obligation vise à prévenir tout conflit d’intérêts qui pourrait léser le syndicat des copropriétaires.
En cas de méconnaissance de cette disposition, le contrat conclu avec ladite entreprise n’est pas opposable au syndicat. Cela signifie que la copropriété pourrait, en théorie, contester le paiement ou la validité de l’engagement contractuel, plaçant le syndic dans une situation de responsabilité civile délicate.
Quelle est la procédure à suivre pour qu’un copropriétaire propose des travaux à l’ordre du jour ?
Tout copropriétaire dispose du droit de soumettre des projets de travaux à l’examen de la collectivité. Pour ce faire, vous devez adresser votre demande au syndic par courrier recommandé avec avis de réception (LRAR), en demandant explicitement l’inscription de la question à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale. Il est impératif de joindre les documents justificatifs et les devis pour que les copropriétaires puissent voter en toute connaissance de cause.
Le syndic est alors tenu d’inscrire cette question, sauf si la demande est tardive par rapport à l’envoi des convocations. Notez que pour certains travaux d’accessibilité, l’article 24 ou l’article 25 de la loi de 1965 définira la majorité requise selon que la structure du bâti est affectée ou non.
Que se passe-t-il si l’assemblée générale refuse de ratifier des travaux déjà réalisés en urgence ?
Le refus de ratification est une situation juridique complexe. Si l’assemblée estime que l’urgence n’était pas caractérisée au sens de l’article 18 de la loi de 1965, elle peut refuser de valider la dépense. Dans ce cas, la responsabilité personnelle du syndic peut être engagée pour faute de gestion ou abus de pouvoir, ce dernier ayant outrepassé ses prérogatives légales.
Sur le plan financier, les sommes déjà appelées au titre de la provision d’urgence pourraient devoir être restituées aux copropriétaires. Le syndic se retrouverait alors seul face à l’entreprise prestataire pour le règlement des factures, à moins de prouver devant les tribunaux que l’intervention était objectivement indispensable à la sauvegarde de l’immeuble.
Quelles sont les obligations liées au Plan Pluriannuel de Travaux (PPT) ?
Le projet de plan pluriannuel de travaux est devenu une obligation graduelle pour les copropriétés de plus de 15 ans à destination d’habitation (article 14-2 de la loi de 1965). Ce document doit lister les travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble et à la performance énergétique sur les dix prochaines années. Le calendrier d’entrée en vigueur dépend de la taille de la copropriété : depuis le 1er janvier 2024 pour les immeubles de 51 à 200 lots, et à partir du 1er janvier 2025 pour les copropriétés de moins de 51 lots.
Le projet de PPT doit inclure une estimation sommaire du coût des travaux et un échéancier. Une fois le projet présenté, le syndic doit inscrire à l’ordre du jour de l’assemblée générale la question de l’adoption de tout ou partie du plan, dont la réalisation sera alors votée selon les majorités de droit commun.
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — art. 10
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — art. 18
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — art. 24
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 — art. 25
- Décret n° 67-223 du 17 mars 1967 — art. 37